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Permettez-moi de vous planter le décor
Notre histoire commence à 2h27 au matin, une nuit pluvieuse à Paris
Que le tonnerre gronde
Des feuilles d'automne couvrent la chaussée, le ciel est sombre
Une femme approchant de la trentaine quitte un bar pour regagner son hôtel
Elle n'a pas de parapluie, elle en est à son septième Negroni
Et elle porte en elle un vide qu'elle tente désespérément de combler
Ses sourcils étaient épilés, elle portait des faux cils et une robe rouge
Pourtant personne au bar ne remarquait ses efforts
Déçue, elle n'est toutefois pas étrangère au rejet
Elle avait traversé bien des tempêtes
Jusqu'à ce qu'elle soit elle-même la fille sous le nuage gris
Alors qu'elle marchait sous la pluie, le menton contre la poitrine
Les bras noués autour de sa taille, la tempête parfaite grondait
Cette nuit de novembre se révèlerait le catalyseur
Une culmination, la recette parfaite
Pour que la fille sous le nuage doive enfin laisser place à la pluie
Ingrédients : sa solitude, le vermouth
Le grattement de la fermeture éclair sur l'ourlet gauche de sa robe
L'écho d'une remarque dévalorisante qu'elle avait reçue d'un homme plus tôt dans la journée.
Et un message vocal de sa grand-mère qui disait
Appelle-moi, s'il te plaît, il faut qu'on prie
